Mars 2018

La Chine dévoile son jeu dans l’Arctique

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Présenté lors d’une conférence de presse le 26 janvier dernier à Beijing, par le porte-parole du bureau d’information du conseil d’État, M. Hu Kaihong et le vice-ministre des Affaires étrangères, M. Kong Xuanyou, le document de politique étrangère de la Chine sur l’Arctique est à la fois convenu et original.

Convenu, parce que, à l’instar des douze documents officiels sur l’Arctique publiés par les États de la zone Arctique et quelques États indirectement intéressés par les nouveaux enjeux en zone boréale (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni…), recensés par l’agence européenne de l’environnement (The Arctic Environment, EEA Report No 7/2017), le document de diplomatie publique chinois égrène sans surprise les grands principes du credo du conseil de l’Arctique (partenariat avec les peuples autochtones, développement économique durable, etc.), et sacrifie comme il se doit, à l’exigence d’allégeance à la souveraineté et aux droits souverains des 5 États riverains membres du Conseil (les fameux « A5 »).

Ce cadre diplomatique mou et consensuel ne doit pas masquer les audaces et les priorités que la Chine choisit d’avancer dans ce document. À l’instar de la Feuille de route nationale sur l’Arctique de la France, le document officiel chinois revendique ouvertement une dimension d’intérêt général en particulier pour ce qui concerne la gouvernance des activités humaines dans la zone marine boréale, tout spécialement la haute mer de l’océan Arctique central. Autre point d’intérêt : le Svalbard ; le document mentionne à plusieurs reprises le Spitzberg où la Chine possède une station de recherches à Ny-Alesund, soulignant que la gestion de ce vaste territoire appelle une concertation renforcée entre les États signataires du traité du Spitzberg de 1920, notamment pour ce qui concerne les activités économiques terrestres et maritimes, et la coopération scientifique.

Autre point d’intérêt majeur de la politique chinoise sur l’Arctique : la référence à la « route polaire de la soie » (polar silk road) - comprenons : la « route maritime du Nord » longeant les côtes russes - présentée comme un maillon stratégique dans la politique maritime de la République populaire de Chine, laquelle se définit tout à la fois dans ce document, comme « puissance mondiale » et comme pays « proche de l’Arctique » voire, selon une autre traduction, un pays du « proche-Arctique ».

Laurent Mayet

Lire  “China's Arctic Policy” (PDF)

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