Juillet 2016

Le privilège d’une magnifique rencontre

GriselinRocard
Michel Rocard et Madeleine Griselin et la bouteille d’Angélus Base Corbel, 79°N, 22 juillet 2012


 79°Nord, la base française Jean Corbel, le 22 juillet 2012 : j’ai l’insigne honneur de recevoir dans cette base l’ambassadeur des pôles et sa délégation. Nous nous connaissons déjà puisqu’il a inauguré la conférence internationale « Mondes polaires » que j’ai organisée en janvier 2011 à Paris. Il se souvient que je lui avais dit alors « non, non, non, pas de “mes hommages, Madame”, vous m’embrassez que je puisse dire que j’ai embrassé un Premier ministre ».
A 82 ans, il se souvient de ce détail et m’embrasse en descendant du bateau, sur cette plage déserte au bout du monde. Je suis accompagnée d’une étudiante en thèse, lui d’une escorte d’ambassadeurs, d’attachés et de sponsors.
Merveilleuse soirée, insolite, la sainte Madeleine mais lui, Protestant, me dit en levant son verre de champagne : « Il n’y a pas de saints chez les protestants, donc je vous dis joyeux anniversaire ».
Pas une seconde de relâche, Michel Rocard est brillant, drôle, incisif, le tout en anglais. Après le repas, je sors la guitare et propose que nous chantions : ce ne sont pas des chanteurs, alors nous entonnons « la Marseillaise » et les Anglais répondent avec « God save the Queen » ... du jamais vu pour moi. Lui connaît par cœur « Hécatombe » de Brassens et nous voilà chantant « Au marché de Brive la gaillarde ... ». Soirée ponctuée d’anecdotes de sa vie politique. Soirée bien arrosée avec un Mathusalem d’Angélus offert par l’ambassadeur britannique.
Un grand, grand moment qui se termine à 2h du matin sur la plage d’où repart le bateau. Maintenant que Michel Rocard nous a quittés, je confirme que ce fut un privilège pour moi de côtoyer un homme aussi brillant, aussi drôle, aussi vif. Une belle leçon de vie : merci Monsieur le Premier Ministre pour cet échange, merci Michel pour ce merveilleux, chaleureux et inoubliable moment. La bouteille d’Angélus (vide) est toujours à la base, et que personne ne s’avise de la jeter. Quand bien même elle disparaitrait, il resterait votre très bel hommage dans le livre d’or de la base Corbel ...


Madeleine Griselin, directeur de recherche émérite du CNRS


© Madelaine Griselin 2016, tous droits réservés

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